Sombrero …Sombre héros…

Decouflé,

que j’adore, depuis plusieurs années, depuis avoir été émerveillée par la cérémonie des J.O étant petite, depuis plusieurs spectacles à Monaco…

J’attendais avec impatience cette nouvelle représentation, pour la voir d’un œil plus averti et connaisseur, ayant grandi un peu plus… Maintenant je pourrai peut être comparer avec d’autres chorégraphes, percevoir sa “touche”, sa manière de traiter le corps et l’espace… etc. Mais j’ai été tout de suite emparée d’une magie qui m’a fait tout oublier. Bien sur, après coup, j’ai compris avec admiration sa technique et son style, j’ai réalisé que je connaissais déjà cette poésie propre à son monde fantasque. Mais tout de suite, comme nous on si bien guidés les deux conteurs de l’histoire “préparez vous à arrêter le temps” : nous entrons dans une quatrième dimension où le temps n’a plus de sens, nous entrons dans la magie du spectacle et oublions toute notre vie personnelle, faisons une pause remplie d’émotions (émotions, au pluriel).

Sombrero est un spectacle complet.
Tout d’abord, le fil conducteur est issu de la littérature : un texte de Claude Ponti nous guide tout au long du spectacle par ses jeux de mots autour de “sombrero” et ses variantes.
La danse se mêle au théâtre, avec la complicité des deux narrateurs (qui interviennent aussi dans la chorégraphie), les changements de décors et d’univers qui font s’enchaîner de nombreuses scènes, les quelques chansons qui nous font penser aux comédies musicales, mais aussi la façon de bouger et l’ironie qui se dégage de certains personnages… La danse est parfois étudiée pour se mêler au comique, notamment grâce au fameux et très touchant Christophe Salengro acteur, comédien (pour ceux qui se demande qui il est…il joue le président de Groland) et danseur qui suit Decouflé avec fidélité depuis ses débuts.
La scénographie est à souligner. Très riche et bien élaborée, grâce aux nombreux moyens techniques employés : plate-formes, panneaux mobiles, écrans de diverses tailles (au formats étonnants parfois), projections complexes… qui mettent en jeux le dédoublement des corps, entre direct et différé, entre réel et ombre, entre illusions d’optique et superposition… Les corps sont magnifiés. Une mise en valeur aussi par toutes ces trouvailles malignes autour de la lumière, l’ombre étant le thème principal de la pièce. Ce sont les danseurs eux-même qui tirent les ficelles de ces petite machineries devant nos yeux, nous plongeant complètement dans l’émerveillement.
La musique était également un atout de taille, puisqu’il s’agit du musicien Brian Eno qui en était maître. Un orchestre était aussi présent en live, en dessous de la scène, comme à l’opéra. S’alternaient donc musique enregistrée et musique live, ou même parfois un mélange des deux, sans oublier les voix des interprètes de temps en temps.

C’est la première fois que j’ai été bercé par autant d’émotions différentes à une même représentation de danse.
Bien sur, sur le plan technique mes observations étaient tout à fait satisfaites, mais je me laissais toujours surprendre par l’émotion tout à coup qui faisait hérisser mes poils (c’est vrai, je m’aperçois que j’ai toujours froid lors des spectacles qui me touchent ! Je sais bien évidemment pourquoi maintenant, mais sur le moment je ne m’en rend pas compte…). L’expression est ici bien appropriée : on passe “du rire au larmes”, très facilement.
ο synchronisation parfaite entre le personnage et son ombre (dansée par un autre danseur évidemment)
ο intensité et beauté du couple et de son jeux amoureux
ο humour et décalage de la pétillante Aurélia Petit et de Christophe Salengro par sa maladresse attendrissante
ο scènes de groupes burlesques et presque absurde
ο solo de Philippe Decouflé poignant par sa maîtrise et l’énergie dégagée

ο qualité et originalité des costumes de Philippe Guillotel

Un spectacle parfait à mes yeux, et qui a conquis tout le monde. Je suis ravie d’avoir fait connaître cet excellent chorégraphe à mes amis, qui ont aussi été subjugués par tant de créativité.

Voici une petite vidéo à voir pour un aperçu de certaines scènes :

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lien vers le site de Découflé et de sa compagnie DCA ici

1 Réponse vers “Sombrero …Sombre héros…”


  1. 1 garrone jacky décembre 12, 2008 à 6:32

    où est l’image?


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