Archive pour la catégorie 'Artiste'

Olivier Grossetête // structure en carton

Jeune artiste plasticien, Olivier Grossetête nous a invité a participé à son projet (déjà plusieurs structures monumentales construites dans plusieurs villes) : la construction de la façade de l’église de la Madeleine en carton, sur le Cours Mirabeau.

C’est à l’occasion de l’événement “C’est Sud” qu’il a pu intervenir dans la ville. Il s’agit d’une construction-performance qui invite le public à participer et à s’entraider dans une production plastique aux dimensions impressionnantes. L’union fait la force…

Olivier est venu nous présenter son travail à l’amphi de l’école, et après de nombreuses questions et un bon dialogue, il nous a proposé de participer à ce projet dans la construction, mais aussi l’aider à l’organisation des actions et des personnes présentes ce jour là. Nous sommes une poignée à se porter volontaires comme petits “maîtres d’oeuvre”. Des plans nous sont distribués et des réunions planifiées.

Nous allons, quelques jours avant le jour J, à l’école primaire, où Olivier a déjà commencé un travail assidu avec les élèves depuis plusieurs semaines. Toutes ces petites mains habiles ont déjà construit les parties de l’édifice les plus compliquées (les cartons à découper, et les arches notamment). Nous les rejoignons pour faire connaissance et commençons à mettre la main à la pâte pour prendre les bonnes habitudes de montage, scotchage et d’assemblage. Le temps d’un après-midi, nous retournons avec plaisir dans la cours de la petite école, avec même une pause récré ! Je me rend compte que la démarche participative d’Olivier est au centre du projet, et que les relations sont aussi importantes que le résultat concret. Des efforts physiques certes, mais aussi du dialogue, un effort de communication et une entraide sont indispensables dès que démarre le travail en groupe (ce que nous avions déjà testés lors de nos nombreux travaux collectifs avec notre classe, mais jamais avec des personnes inconnues, ce qui change tout !).

Le samedi 24 mai, c’est le grand jour de la construction ! Mais nous sommes tous inquiets du mauvais temps qui risque de tout faire changer…
Le travail se met en route doucement. 9h du matin. Plein milieu du cours Mirabeau. Circulation routière stoppée. Les passants commencent à nous observer… Les premiers cartons se montent petits à petits… et le petit groupe de travailleurs acharnés grossit de plus en plus. Les enfants sont ravis de jouer au milieu de cette cabane géante qui commence à prendre forme. Tout le monde est invité à enfiler un rouleau de scotch à son poignet.
Une fois le toit, partie la plus compliquée est montée, le premier étage est prêt à être soulevé pour rajouter des cartons en dessous. Et oui, nous commençons d’abord par construire le haut du “bâtiment”, pour rajouter des “pierres” à l’édifice petit à petit par le dessous. Moment le plus impressionnant, chacun se met à son poste : une personne pour chaque endroits porteurs, et… 1… 2… 3 !! Tout le monde se synchronise et nous soulevons la construction, pendant que d’autre posent des cartons dans l’alignement des piliers, et font monter l’église d’un peu plus d’un mètre. Ceci, ainsi de suite, avec bien sur des variations selon le plan que nous essayons de respecter à la lettre.
Tellement plongée dans l’action, je ne me suis pas rendu compte que la structure montait si vite, c’est avec du recul que le résultat est le plus impressionnant.
Une émulation étonnante se crée et tout le monde s’organise et joint ses forces pour faire avancer les choses. C’est une joyeuse pagaille pleines de cris d’enfants et de vas et vient incessants qui est certes fatiguant, mais aussi très motivant !
Bien sûr, il y a quelques règles, que nous devons expliquer à ceux qui participent, pour que la construction tienne le coup et soit bien solide aux moments des levés, il y a une technique pour scotcher (aux bon endroits). Les enfants ont du mal avec ces gros rouleaux de scotch et ne font pas vraiment ce qui est attendu, mais qu’importe, leur joie est tellement grande de participer, que nous les laissons le gaspiller…!

Nous avons eu de la chance de pouvoir faire la connaissance d’Olivier Grossetête et de participer à son projet. Ce fut une très bonne expérience en ce qui me concerne.

Marc Chevalier

Né en 1967 à Paris, il vit et travaille à Nice. Marc Chevalier pratique la peinture, la sculpture, et fait des installations.

←↑↓→ J’aime son approche à la peinture. Marc Chevalier peint avec du scotch (oui oui, il considère ça comme de la peinture). Il aurait pu participer à la semaine thématique “peinture et débordement” !

J’ai découvert suite à une rencontre chanceuse, il y a déjà un moment (2005), dans son atelier (au dessus de la Station, galerie niçoise), en plein travail, grâce à ma prof d’histoire de l’art contemporain favorite de l’époque (Villa Thiole), Catherine Macchi. Ensuite, j’ai retrouvé ses toiles (la rouge et la jaune, que j’avais vu inachevées dans son atelier) dans une expo à la Villa Arson. En les voyant exposées, avec du recul, je me suis laissé prendre au jeux. On aurait vraiment dit de la peinture… sauf qu’en s’approchant, on distingue bien les longs morceaux de scotch superposés. J’ai trouvé ça génial. Deux tableaux, aux couleurs flash, qui attirent l’œil tout de suite, et qui nous plonge dans un espace infini et complexe fascinant. Il y a une dimension cosmique que je trouve très intéressante. Ces tableaux me transportent dans un espace (au sens de l’astronomie) dense et coloré, comme dans une vue en 3D d’une galaxie inconnue, agréable de nouveauté et de chaleur…

C’est aujourd’hui, en retrouvant son travail dans une galerie de Nice (Galerie Norbert Pastor), que j’ai voulu en parler pour vous faire découvrir cet artiste. J’aime autant son travail pictural, par sa nouvelle approche, conceptuellement très intéressante, que son travail d’installation/sculptures, plus décalé, qui s’oppose quasiment.

du rouge du jaune

Aussi, cette année au Mamac, dans l’expo consacrée aux artistes sortant de la Villa Arson Nice to meet you, il y avait un triptyque de Marc Chevalier :

sans titre

Cette fois ci, du noir. Mais l’effet y est toujours, peut être encore renforcé par ces lignes, que l’on distinguent mieux ; une sorte de grille ou de repères de perspective qui construisent l’espace et ajoutent de la profondeur.

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←↑↓→ Côté sculptures/installations…

Des sculptures éphémères, légères et amusantes, pleines de poésie !

une colline de poche cractus

Marc Chevalier, le pain dur à l’allemande le cinoche le tralala (2007)

allez voir (et lisez surtout)

Claude Lévêque – “J’ai rêvé d’un autre monde”

Lors de la visite de la collection Lambert (Avignon), pour l’expo j’ai pu découvrir une installation de Claude Lévêque. J’avais déjà beaucoup entendu parlé de cet artiste, mais n’avais jamais encore eu l’occasion de voir son travail. C’est en effet très impressionnant et plein de sensations.

sensation colorée – sonore – spatiale -

Nous entrons dans une salle remplie d’une lumière rouge, très forte et attirante. Un long néon est responsable de cette couleur intense. C’est dans un espace qui ressemble à un grenier (avec poutre et renfoncement) que nous avançons, courbés, en suivant cette ligne courbe qui fait penser à une coulée de lave en fusion. Peu à peu nos yeux s’habituent à la lumière et le rouge devient de plus en plus orangé et doux. Le son est sourd et lourd, et donne l’impression d’être au profond de la terre. L’ambiance est silencieuse malgré ce grondement. J’ai envie de rester longtemps dans cet endroit.

Jaume Plensa

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